N°109 - janvier 2012

Éditorial et sommaire

Le logement : un droit ou un luxe ? - Si la question est provocante, elle est pourtant réaliste au regard d’une crise du logement liée au système économique mondialisé qui a fait du logement un pur produit de spéculation. C’est vrai aux USA (voir la crise des subprimes), en Chine (les jeunes de la classe moyenne n’arrivent plus à se loger(1) et ailleurs.

C’est vrai aussi en France, à Paris en particulier mais aussi dans les métropoles les plus dynamiques. Ainsi en Île-de-France, la construction est à son “plus bas niveau depuis 30 ans2“, d’où une offre rare et chère, comme le veut la loi du marché. Seul le logement social y reste actif, mais très insuffisant en nombre puisque, selon les plafonds de ressources exigés, 60 % de la population pourraient y prétendre. On en est loin. De plus, les logements très sociaux (PLAI) ne représentent qu’un tiers des logements sociaux financés et sont moins nombreux que les logements intermédiaires (PLS) qui visent les classes moyennes supérieures.
En 2008, l’entrée en vigueur du “droit au logement opposable” (loi DALO), grand œuvre de la ministre Christine Boutin, se voulait un tournant pour les personnes mal logées ou sans logement, mais l’offre insuffisante la rend quasi inapplicable3. De plus, durant cette dernière décennie, les politiques publiques ont tout misé sur l’accession à la propriété au détriment du secteur locatif, tandis que des investisseurs institutionnels (banques, compagnies d’assurance, sociétés collectrices du 1 % patronal) vendaient nombre de leurs immeubles à la découpe. La partie de leur parc locatif qui logeait les classes moyennes s’est ainsi réduite comme peau de chagrin. Les sociétés ex-HLM ont repris peu à peu ce créneau, au détriment des plus pauvres, les opérateurs privés visant plutôt le créneau du luxe, bien plus rentable. Du fait des listes d’attente pléthoriques pour le logement social (ou conventionné) et des loyers exorbitants du secteur libre, devenir propriétaire est désormais un objectif imposé à tout un chacun (au détriment de la mobilité).
Plutôt que de dépenser à fonds perdus pour un loyer élevé, on préfère investir dans une propriété transmissible à ses descendants, espérant les rendre ainsi moins vulnérables. Encore faut-il qu’acheter soit possible, ce qui ne concerne ni les jeunes n’offrant pas assez de garanties, ni les vieux à qui l’on ne prête plus, ni de nombreux ménages aux ressources insuffisantes ou aléatoires. Reste ensuite à pouvoir payer les traites des emprunts contractés, sinon il faut revendre (souvent mal), en espérant n’être pas saisi, voire jeté à la rue et devoir repartir à zéro... Visant diverses situations d’extrême précarité, des programmes spécifiques existent mais en nombre très insuffisant. Des foyers d’urgence accueillent chaque soir des personnes sans toit signalées par le 115 (mais beaucoup redoutent plus ces foyers que la rue), tandis que des maisons relais visent une réinsertion à l’issue d’un séjour plus ou moins long et socialement encadré4. relancer la construction et le parc locatif est donc aujourd’hui une priorité tant économique que sociale.
Gwenaël Querrien

1 - Cf. metropolitiques.eu 21/12/211 “The difficulties of housing the Chinese sandwich class”.
2 - Source IAU d’Île-de-France, rapport sur le logement pour Paris Métropole, juin 2010.
3 - Cf. Fondation Abbé-Pierre, “Tableau de bord de suivi des politiques du logement”, 2011.
4 - Cf. § Actualité, “Maison relais rue Servan”.

 

 

Au sommaire

 

"Anvers, le MAS", par Raphaël Labrunye
Museum aan de Stroom (MAS), Anvers (Belgique). Programme : musée d’histoire de la ville, réserve, boutiques, cafétéria. Maîtrise d’ouvrage : Ville d’Anvers, avec AG Vespa maître d’ouvrage délégué. Maîtrise d’œœuvre : Neutelings Riedijk Architects avec Bureau Bouwtechniek. Muséographie : B-Architecten. Surface utile : 20 000 m² ; surface d’exposition : 5 700 m². Coût (construction) : 33,5 M€€. Calendrier : concours 1999, travaux sept. 2006-fév. 2010, ouverture mai 2011.

"L’Union à Roubaix-Tourcoing-Wattrelos, renouvellement urbain", par Bertrand Verfaillie
Aménagement du site de l’Union, à cheval sur les communes de Roubaix (45 %), Tourcoing (45 %), Wattrelos (10 %) (Nord). Maîtrise d’ouvrage : Lille-Métropole communauté urbaine. Maîtrise d’œœuvre du schéma directeur d’aménagement : Reichen et Robert & Associés architectes-urbanistes. Paysagiste du parc public : Empreinte (Lille). Aménageur : SEM de la Ville renouvelée et SAEM Euralille. Durée de la concession d’aménagement : 2007-2022. Programme : 495 000 m2 de SHON. Coût prévisionnel : 201 M€. L’Union est un des deux lauréats du grand prix national Écoquartier 2011 décerné par le ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement.

"Boulogne-Billancourt et son trapèze", par Thierry Mandoul
Aménagement du Trapèze Renault - Rives de Seine à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Maîtrise d’ouvrage : SAEM Val de Seine. Maîtrise d’œœuvre urbaine et des espaces publics, coordination architecturale : agence Patrick Chavannes (AAUPC). Paysagiste associé : Thierry Laverne. Superficie totale : 32 ha dont 17 ha d’espaces publics (7 ha de parc) et 515 000 m² de SHON de logements, de bureaux et d’équipements. Concours lauréat 2002 (réalisation en cours). Fin des travaux prévu en 2020.

"Maison relais et centre d’hébergement, rue Servan, Paris 11e", par François Lamarre
Maison relais et centre d’accueil, 52 rue Servan, à Paris 11e. Programme : 20 studios et un T2 dans les bâtiments sur rue réhabilités et 52 chambres + locaux collectifs dans les parties neuves. Maîtrise d’ouvrage : RIVP. Maîtrise d’œœuvre : Christine Rousselot, avec Ariane Jouannais et Jean-Matthieu Houppe, arch. Surfaces : 700 m2 Shon maison relais + 1 510 m2 SHON centre d’hébergement. Coût des travaux : 5,86 M€ HT. Calendrier : concours 2007, livraison 2011 (durée du chantier : 18 mois).

"Sur le plateau de Haye à Nancy, un parc naturaliste", par Anne Demerlé-Got Parc naturaliste de 8,8 ha, plateau de Haye, communes de Nancy, Laxou et Maxéville (Meurthe-et-Moselle). Maîtrise d’ouvrage : Communauté urbaine du Grand Nancy, Solorem, aménageur de la ZAC Solvay. Maîtrise d’œœuvre : Bureau des paysages, avec Gabriel Chauvel et Olivier Jacqmin paysagistes. Botanistes : Guy Seznec, Thierry Mahevas, Pauline Frileux. Entreprise de paysage : ISS. Calendrier : diagnostic botanique en 2008, première mise en forme des espaces ouverts en 2009, fin du contrat en 2012. Le projet de rénovation urbaine du plateau de Haye est un des deux lauréats du grand prix national Écoquartier 2011 décerné par le ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement.

"Yves Clerget, arpenteur et passeur de villes, 1951-2011", par Anne Querrien

"Charles Delfante, un urbaniste du second XXe siècle", par Gabriel Ehret et Gwenaël Querrien
• Charles Delfante, La Part-Dieu, le succès d’un échec, éd. Libel, 2009, 113 p., 20 €€.
• Charles Delfante, Souvenirs d’un urbaniste de province, texte établi par Jérôme Triaud à partir d’entretiens réalisés en 2007-2009, Le Linteau, 2010, 199 p., 23 €€.

"L’architecture ottomane d’Alexandrie", par Serge Santelli
Milena Annaloro et Guirémi Lange, Alexandrie. Une architecture ottomane, Marseille, Parenthèses, 2011, 29 €€.

"Cluny, onze siècles de rayonnement", par Arnaud Ybert
Neil Stratford (dir.), Cluny, onze siècles de rayonnement, Paris, Éditions du patrimoine, 2010, 487 p., 79 €€.

Mensuels parus